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Publié le 7 août 2026
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Après la réunion qui s’est tenue à la préfecture sur la sécheresse (voir notre article en cliquant ici), la Coordination Rurale du Morbihan réagit dans un communiqué :
« À l’issue de la réunion de suivi de la ressource en eau tenue ce jeudi 6 août 2026 à la Préfecture du Morbihan, le constat est sans appel : le département traverse une crise hydrique inédite par son intensité et sa précocité. Face à des cours d’eau au plus bas, des nappes phréatiques asséchées et des cultures sinistrées, la CR56 dénonce l’impasse des politiques d’inaction et exige le déploiement immédiat d’infrastructures de stockage de l’eau.
1. Une situation environnementale et agricole d’une gravité inédite
La campagne 2025-2026 s’inscrit dans un temps long d’anomalies climatiques. Avec un cumul de précipitations quasi nul prévu sur le mois d’août et des températures dépassant de 4 à 6°C les normales en juin/juillet, 2026 se classe déjà comme l’une des saisons les plus sèches enregistrées. Les nappes phréatiques sont sous les normales et les conséquences sur les exploitations agricoles sont désastreuses :
– Maïs Ensilage : Pertes massives de 75 à 80 % de rendement (moyennes à 6 t MS/ha contre plus de 14 t habituellement), maïs brûlés et sans grain
– Légumes : Rendements en baisse jusqu’à 40%, voire grandes difficultés de mener certaines cultures jusqu’à la récolte
– Élevage : Arrêt généralisé de la pousse de l’herbe en prairie, chute de la production laitière, problèmes de reproduction et surmortalités animales liées aux vagues de chaleur
2. Remise au point sur les usages : L’agriculture est une activité vitale
La CR56 rappelle les chiffres officiels présentés par la Préfecture :
– 70 % de l’eau potable est consommée par les particuliers
– 20 % par l’industrie (incluant l’agroalimentaire stratégique)
– 10 % seulement par l‘agriculture
De plus, en élevage, plus de 75 à 95 % de l’eau sert directement à l’abreuvement et au bien-être animal. Il n’y a aucun gisement d’économie substantiel sans sacrifier la vie animale ou la production alimentaire nationale.
3. La position de la CR56 : Stocker l’eau en hiver pour protéger l’été
« On ne peut plus se contenter de gérer des pénuries année après année et d’attendre les aides de crise. La Bretagne reçoit chaque hiver des volumes d’eau considérables qui repartent directement à la mer. Ne pas stocker cette eau abondante en hiver pour l’utiliser en été est une aberration politique et stratégique. »
Face aux bricolages d’urgence (baisses de pression générant des casses de réseau, fermeture de barrages, pompages d’urgence dans des carrières), la CR56 réclame :
– La création simplifiée et rapide de retenues d’eau (collinaires et sur-stockage) : Pour capter les excédents pluviaux hivernaux sans prélever dans le milieu naturel durant les mois d’été.
– La levée des verrous administratifs : Accélération des autorisations pour les projets de stockages collectifs ou individuels d’eau brute agricole.
– Un soutien financier et psychologique d’urgence : Activation rapide des procédures de calamité agricole et accompagnement renforcé des exploitations touchées de plein fouet par la crise financière et morale.
Sans eau stockée, il n’y aura bientôt plus d’agriculture ni de souveraineté alimentaire dans le Morbihan.«
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