Publié le 11 novembre 2025
Molac. Une plaque en hommage à Gabriel Jollivet, héros et maire au destin hors du commun
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La cérémonie commémorative de l’Armistice de 1918 a pris un relief particulier ce mardi matin à Molac. Après le dépôt de gerbe et l’hommage à ceux qui sont morts pour la France, la municipalité a rendu hommage à son ancien maire, Gabriel Jollivet. « Nous sommes réunis ici pour honorer la mémoire de Gabriel Jollivet, figure marquante de notre commune, résistant, prisonnier de guerre, déporté et maire de 1947 à 1955. En tant que maire, Gabriel Jollivet a marqué la vie de notre village », a souligné Marie-Claude Costa Ribeiro Gomes, la maire de Molac. Elle s’exprimait devant plusieurs dizaines d’habitants venus assister à l’évènement. Plusieurs membres de la famille de Gabriel Jollivet étaient présents et notamment Yannick Jollivet son fils et Jacky, Christian, Yvette ses petit-fils ainsi que Viviane Kervinio, présidente de l’association Rawa-Ruska Bretagne.
Devenu maire 2 ans après la fin de la guerre, son action municipale fut empreinte de proximité, « il gérait les problèmes des administrés souvent chez Lucienne Le Porho, bistrot aujourd’hui disparu. Il faisait preuve d’écoute et de respect envers chacun, guidé je pense par ce qu’il avait vécu, il faisait preuve d’humanité et avait le souci du bien commun », a poursuivi Marie-Claude Costa Ribeiro Gomes.
C’est Jacky Jollivet, petit-fils de Gabriel qui a retracé le parcours de son grand-père, marqué par de terribles épreuves mais aussi par des qualités humaines, des valeurs et un courage hors normes.
Un enfant de Molac marqué par la guerre
Né à Molac le 11 janvier 1908, Gabriel Jollivet grandit dans une famille de charretiers et de transporteurs installée entre Paris et la Bretagne. La Première Guerre mondiale bouleverse son enfance : son père, Jean, est tué au front en 1915 lors des combats d’Arras. Gabriel n’a alors que 7 ans. Cette perte laisse une empreinte indélébile sur sa vie et forge en lui une détermination farouche, qu’il gardera toute son existence.
Très jeune, il se passionne pour le cyclisme. Élève sérieux mais impatient de travailler, il entre en apprentissage dans un commerce de vêtements à La Roche-Bernard et reverse son salaire à sa mère, Philomène. Ses talents sportifs sont rapidement remarqués : il rêve de participer au Tour de France, mais sa mère, craignant de le perdre comme son père, s’y oppose. Ce refus, il le transformera plus tard en une autre forme de combat : celui pour la liberté.
De commerçant à chef d’entreprise
Après son service militaire à Nantes, Gabriel Jollivet se lance dans le commerce du textile. Entrepreneur dans l’âme, il sillonne la région de Malestroit, Questembert, Rochefort ou Pleucadeuc pour livrer ses marchandises. En 1931, il rencontre Marie Tual, jeune femme de Trédion. Le couple se marie l’année suivante et aura une fille, Ginette.
Mais en 1935, le destin frappe de nouveau : sa mère et son épouse meurent à quelques mois d’intervalle. À 27 ans, il se retrouve veuf avec une petite fille de deux ans.
La guerre et la captivité : six années d’épreuves
Gabriel retrouve l’amour auprès de Louise Duval, qu’il épouse en 1938. Quand la guerre éclate en septembre 1939, il est mobilisé au 24e GRDI. Stationné dans les Ardennes, il est fait prisonnier le 16 mai 1940 après un combat acharné. Il passera six années terribles en captivité, déporté successivement dans plusieurs Stalags situés en Poméranie et en Ukraine.
À Rawa Ruska, camp de représailles surnommé « le camp de la mort lente », les conditions de vie sont effroyables : faim, froid, maladies, travaux forcés. Gabriel perd 30 kilos. Cinq fois, il tente de s’évader ; cinq fois, il est repris. Malgré tout, il garde l’espoir. Un jour, il confie :
« Si un jour je ressors vivant de cet enfer, je deviendrai maire de Molac et je fonderai une caserne de pompiers. »
Le retour et la renaissance d’un homme debout
Libéré en 1945, il rentre à Molac après six années de guerre et de privations. Deux ans plus tard, en 1947, fidèle à sa promesse, Gabriel Jollivet est élu maire de Molac. Il crée aussitôt la compagnie des sapeurs-pompiers et s’investit pleinement pour sa commune, tout en gérant son commerce. En 1948, un fils naît : Yannick, nommé en mémoire de son grand-père Jean, tombé en 1915.
Travailleur acharné, « Gaby » — comme on l’appelle affectueusement — incarne le renouveau d’une France qui se relève des ruines. Il célèbre de nombreux mariages et lance la construction d’une nouvelle mairie. Malheureusement, il meurt avant de la voir achevée, le 14 novembre 1955, à l’âge de 47 ans.
Une leçon de courage et d’humanité
Le décès de Gabriel Jollivet plonge Molac dans la stupeur et la tristesse. La population entière accompagne son maire à sa dernière demeure. Homme de devoir et de générosité, il laisse l’image d’un « debout », d’un survivant qui, malgré les drames et les guerres, a toujours choisi la vie, le travail, et le service des autres.
Toujours debout, malgré les épreuves, il demeure un modèle de courage et d’espérance pour Molac et pour les générations à venir.
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