Morbihan. Stupéfiants, vitesse: les drones de Malestroit mobilisés

drone

La lutte contre la délinquance sous toutes ses formes… Cette priorité affichée par le préfet du Morbihan, Patrice Faure n’est pas qu’un voeu pieux. L’action est déjà en cours dans plusieurs domaines avec la mise en oeuvre de stratégies et de moyens innovants. Au rang des cibles du préfet figurent -entre autres- le trafic de stupéfiants, domaine que Patrice Faure connait bien pour avoir été en poste en Guyane d’où partent en grande partie les livraisons qui viennent alimenter les trafics en métropole. « J’ai déclaré la guerre aux trafiquants, mais aussi aux consommateurs. Car s’il n’y avait pas de client, il n’y aurait pas de trafic… », analyse le préfet qui pèse bien ses mots. C’est bien « la guerre » qu’il déclare notamment aux usagers. « La lutte contre les stupéfiants doit se faire à plusieurs niveaux. Il y a les grosses saisies qui jouent leur rôle mais dont les habitants du territoire ne perçoivent pas fatalement les conséquences », constate le préfet qui a donc décidé de mener une guerre de proximité « pour perturber les trafiquants et leurs réseaux ». Selon lui, les premiers résultats de cette stratégie commence à être perceptibles.

La lutte contre les stupéfiants est donc généralisée et par exemple, systématisée lors des contrôles routiers. De même les douanes et leurs pouvoirs étendus ont été sollicités pour multiplier des contrôles partout dans le département. « Le message que je veux faire passer c’est de dire aux trafiquants et aux consommateurs: si vous circulez en voiture sur les routes, on vous aura; si vous êtes dans les communes, on vous aura; si vous allez dans les écoles, on vous aura… », explique-t-il.

Et pour être au plus près des trafics et de ceux qui les utilisent, le préfet compte déployer des moyens inédits. Certains restent secrets pour en conserver l’efficacité. Mais ce vendredi matin à l’occasion d’une entrevue avec la presse, Patrice Faure a révélé avoir décidé de mettre en oeuvre une technique qui est sans doute unique en France. Les services de l’Etat vont d’ici l’été mobiliser des drones pour traquer trafiquants et consommateurs. Pour mesurer l’intérêt de l’opération la préfecture a passé un contrat avec « une pépite du territoire », précise le préfet, à savoir la start up implantée à Malestroit. « Ils sont implantés à proximité et ont un véritable savoir-faire reconnu, autant les utiliser ». Ces drones vont donc remplacer les patrouilles sur le terrain « qui pourront ainsi être mobilisées sur d’autres missions », précise le préfet. Les appareils seront automatisés, c’est à dire qu’ils seront programmés pour effectuer des vols de surveillance à intervalles réguliers, toutes les demi-heures par exemple. « Il faut que les trafiquants et consommateurs sachent qu’on les filme, qu’on les photographie et qu’on pourra ainsi les identifier », insiste le préfet. Une action qui entre dans le cadre de sa volonté de déstabiliser et de perturber les trafics. Il souligne aussi les conséquences « mal connues » de la consommation de produits stupéfiants. « Les gens ne savent pas assez que s’ils font l’objet d’une procédure, cela leur interdira l’accès aux métiers de la fonction publique mais aussi à beaucoup d’entreprises. Ce sont des conséquences très lourdes pour le reste de leur vie. De même, ils doivent savoir que nous sommes en mesure de détecter l’usage de drogue même plusieurs jours après les faits… », prévient-il.

Et les drones pourraient jouer un rôle essentiel dans d’autres domaines que la lutte contre la drogue. Ils sont déjà utilisés par les pompiers dans le cadre de la lutte contre les incendies. Mais le préfet avance aussi son intention de les mettre en oeuvre pour procéder à des contrôles de vitesse. Il va falloir vraiment être très vigilant au respect du code de la route…

 


'Morbihan. Stupéfiants, vitesse: les drones de Malestroit mobilisés' n'a pas de commentaires

Soyez le premier à commenter cet article

Voulez-vous commenter ?

Votre adresse e-mail ne sera pas affichée

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.