Ploërmel. Fonction publique: les inquiétudes et les propositions de la CFDT Interco

A gauche jacky Meslin, secrétaire départemental de la CFDT interco sortant et à ses côtés Marjorie Frulion qui lui succède

Le syndicat CFDT Interco du Morbihan organisait ce jeudi après-midi son 9è congrès quadriennal à la salle des fêtes de Ploërmel. Cette organisation regroupe un millier d’adhérents sur les 18 000 agents de la fonction publique territoriale que compte le Morbihan. Ce sont des agents des communes, des collectivités (intercommunalités, communes, préfecture, EHPAD, police, justice, services d’incendie…)

Une nouvelle secrétaire départementale

« Nous sommes le seul syndicat à compter plus de 1000 adhérents et ce chiffre progresse de 150 par an en moyenne. Nous avons réalisé pour la première fois un score de 50% contre 40 habituellement… », analyse Jacky Meslin, le secrétaire départemental de ce syndicat qui d’ailleurs laissait sa place aujourd’hui. Au-delà d’un signe de reconnaissance du travail accompli, Jacky Meslin voit dans cette évolution la traduction du malaise que vivent les agents qui accusent le coup des conséquences de la Loi Notre avec les regroupements d’intercommunalités et les réorganisations qui en découlent. « Ces collectivités mettent en place de nouvelles organisations en imposant des choses que les agents ne comprennent pas… En quelques mois, un millier d’agents ont changé d’employeur en raison de cette loi Notre », explique Jacky Meslin qui s’inquiète d’une dégradation du service rendu aux habitants.

Des fins de missions incertaines

Avec Marjorie Frulion qui lui a succédé à la tête de l’organisation, ce jeudi après-midi, ils dénoncent l’introduction de contrats du privé dans le public avec les risques d’une perte d’indépendance des agents de la fonction publique vis à vis du secteur privé au préjudice des administrés. Et Marjorie Frulion de citer l’exemple du SMGBO (grand bassin de l’Oust). « Aujourd’hui on confie des missions aux agents comme celle de l’entretien des cours d’eau et de la surveillance de l’usage des pesticides. Dans deux ans, cette mission sera terminée. Et les agents qui en sont chargés ne savent pas quel sera leur avenir. Cette mission pourra très bien ne pas être reconduite et ce sont 18 emplois qui sont concernés… », détaille-t-elle, expliquant que ces « missions » sont à la merci de restrictions budgétaires comme celles qu’applique le Département.

Un contexte qui pèse, selon les syndicalistes sur la santé des agents. « La santé des agents, c’est un bien commun qu’il faut absolument protéger pour que le bon fonctionnement des services publics soit assuré », insistent-il. Le syndicat a donc établi une liste d’orientations à mettre en oeuvre dans les prochains mois: la reconnaissance du parcours professionnel, la protection et la reconnaissance des délégués syndicaux, le développement de leur formation, la lutte contre les discriminations et la précarisation du travail des femmes et l’égalité salariale. « Selon notre décompte, il y a 3000 femmes dans le Morbihan qui travaillent avec des contrats précaires ou titulaires de moins de 16 heures par semaine. Les employeurs territoriaux sont les premiers créateurs de précarité », dénoncent les délégués syndicaux…

Un message aux candidats aux élections

Un tableau sombre qu’ils veulent cependant relativiser. « Nous dressons c’est vrai un constat alarmant mais nous avons aussi des solutions à proposer ». Des solutions qui passent par une amélioration du dialogue social dans les territoires, affirment les responsables syndicaux qui font référence au pacte du pouvoir de vivre signé par la CFDT -entre autres- et Nicolas Hulot. « Dans le Morbihan nous voulons décliner des actions concrètes comme la démocratie participative, les territoires zéro chômeurs, travailler sur la responsabilité sociale. Nous voulons aussi inciter les collectivités à faire une évaluation globale de leur politique publique », expliquent-ils prenant en exemple le cas des aides à domiciles et de l’entreprise sociale Alenvi qui propose ce service dans des conditions économiques bien plus rentables qu’une collectivité. « Le monde change et les habitudes aussi. Un monde positif est en train d’émerger qui s’appuiera sur la co-construction. On se pose en syndicat de propositions. Et si on a un message à adresser aux candidats aux élections municipales c’est qu’au moment où ils vont élaborer leurs projets, ils viennent nous voir… La seule chose qui pourra faire changer les choses, c’est la confiance », lancent Jaqky Meslin et Marjorie Frulion.


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