Guer. Le difficile retour à l’emploi des blessés de guerre

Cette nuit là, une patrouille de 14 soldats engagés en opération extérieure en Afrique tombe dans une embuscade. Un des militaires est grièvement blessé et toute la nuit, le groupe restera sous le feu ennemi en attendant les renforts, aux côtés de leur blessé. Il ne le savait pas encore, mais pour Allan Briend cet incident marque le début de la descente aux enfers. Au fil des mois et des missions qui s’enchaînent, le stress s’accumule et le départ au combat est de plus en plus difficile. Il ne supporte plus les armes, l’obscurité. De retour en France, l’alcool devient le seul remède qui lui permette de dormir… Il développe tous les symptômes du stress post traumatique qui est d’ailleurs reconnu par les médecins.

Ce stress est une blessure de guerre dont on ne guérit jamais. Une blessure psychologique dont les conséquences sont aussi graves que la blessure physique, mais plus difficile à appréhender. « Personne, pas même ma famille ne comprenait ma situation… », raconte Allan. Désormais, l’Armée prend en compte la nécessité d’accompagner tous ces blessés de guerre pour les aider à retrouver un semblant de vie normale. Et cela passe notamment par le retour à l’emploi. Le chemin est souvent long et parsemé de rechutes pour tous ces militaires. La prise en charge des soldats blessés, c’est le rôle du service Défense-Mobilité mis en place par l’armée et qui se décline en antennes locales, comme celle qui intervient sur le secteur de Vannes-Saint-Cyr Coëtquidan. Ce service assure la reconversion de tous les anciens militaires, mais a développé un bureau dédié aux blessés de guerre dont fait partie Erwan Gicquel. Lui-même ancien militaire de carrière, il connait bien les ravages de ces traumatismes et a suivi une formation spécifique pour les accompagner. Pour Allan Briend, la rencontre avec Erwan Gicquel a été le début du retour à la vie normale. « Notre passé commun de militaire nous a permis de nous retrouver et de nous comprendre… », analyse Erwan Gicquel. « C’est vrai que d’être face à quelqu’un qui a partagé les mêmes difficultés, les mêmes contraintes, ça m’a mis en confiance. Je savais qu’il ressentait les mêmes choses que moi… », confirme Allan Briend. Grâce à Erwan Gicquel, il a été recruté comme cariste au sein de l’entreprise Woodstone Epaillard de Bains-sur-Oust où il travaille depuis un an, sans problème majeur. Son exemple a même servi de support à un reportage réalisé par France 2 cet été.

Ce jeudi matin, en liant avec le MEDEF du Morbihan, le service Défense-Mobilité a rassemblé pour la première fois, les grands acteurs économiques et pourvoyeurs d’emploi du Morbihan aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan pour mieux faire connaître aux patrons du secteur cette filière de recrutement mal connue. Elle pourrait pourtant répondre à certains besoins en main-d’oeuvre car les anciens militaires sont porteurs de valeurs morales plutôt structurantes dans une entreprise et le service Défense-Mobilité met en oeuvre des moyens conséquentes pour assurer leur reconversion professionnelle et le suivi des blessés notamment sur le long terme. De sont ainsi des demandeurs d’emploi compétents dans un très large éventail de métiers qui sont disponibles. Le député Paul Molac ainsi que Patrick Le Diffon, le président du Pays de Ploërmel, tous deux conseillers régionaux ont également participé à cette réunion.

Revivez l’essentiel de cette rencontre inédite ainsi que le témoignage d’Allan Briend dans notre vidéo


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