Josselin. Résistance: l’hommage émouvant au gendarme Gabellec

De gauche à droite, Joseph Séveno, maire de Josselin, David Chever, petit-fils d’Adolphe Gabellec, Pierre Oillo, membre des Amis de la gendarmerie, Daniel Le Marchand de la fondation de la France Libre
Voici la plaque commémorative qui sera posée à la mémoire du gendarme Gabellec

La cérémonie organisée jeudi à Josselin va mettre en avant un des aspects remarquables de l’histoire de la Résistance française et tout particulièrement bretonne. C’est l’illustration de l’engagement massif de la gendarmerie du Morbihan dans la lutte contre l’occupation allemande. Une histoire qui à sa figure emblématique, le Général Maurice Guillaudot qui a donné son nom à la caserne de gendarmerie de Vannes. Ce dernier a pris la tête de la Résistance dans le Morbihan. Mais derrière ce personnage exceptionnel, de nombreux gendarmes du rang ont contribué à cette lutte contre l’occupant. Ce fut le cas du gendarme Adolphe Gabellec. Originaire de Locmiquelic il a été nommé en qualité de gendarme à la brigade de Josselin. Il s’engage dans le réseau Action puis rejoint le maquis de Saint-Marcel où il participe aux combats du 18 juin. La nuit suivante, son groupe de 6 résistants part en mission à Saint-Servant-sur-Oust. Il est accroché par une patrouille allemande. Le combat s’engage et Adolphe Gabellec est mortellement touché. Il décédera de ses blessures sur les landes de Meslan (1). « On a déjà donné le nom d’un gendarme résistant à la gendarmerie de Saint-Jean Brévelay. Je me suis dit qu’on pourrait en faire autant pour le gendarme Gabellec… », explique Pierre Oillo, membre des Amis de la gendarmerie et délégué départemental de la fondation de la France Libre.

Mais un nom était déjà choisi pour la nouvelle brigade de gendarmerie de Josselin. Après avoir pris contact avec la municipalité, la famille du gendarme Gabellec a choisi de poser une plaque commémorative sur le mur de l’ancienne caserne de gendarmerie, là où il a commencé sa carrière.

Cette plaque a été officiellement remise par Pierre Oillo et David Chever, le petit-fils du gendarme Gabellec, samedi matin au maire de Josselin, Joseph Séveno. Elle sera posée officiellement  ce jeudi matin lors d’une cérémonie qui promet d’être très émouvante en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires et d’une délégation de gendarmes de Pontivy mais aussi de la famille du gendarme et notamment de sa fille, Colette Chever, 86 ans. Cette dernière qui habite Josselin garde toujours avec autant d’intensité la mémoire de son héros de père.

Cette matinée sera très chargée puisque outre cette pose de plaque commémorative, il y aura également dans la foulée, le baptême de la nouvelle brigade de gendarmerie de Josselin.

(1)Né le 17 juillet 1902 à Locmiquelic (56), Adolphe Gabellec est admis en Gendarmerie le 16 juillet 1928. Il est affecté dans la Garde républicaine mobile, puis à la brigade de Josselin. Dès son arrivée, il s’engage le 1er octobre 1943 avec enthousiasme dans le réseau « Action ». Nommé adjudant à la 3ème compagnie des FFI, il participe au combat du 18 juin 1944 à Saint-Marcel. Alors qu’il accompagne son officier vers le poste de commandement, il est mortellement blessé lors d’une embuscade et après un bref engagement pendant la nuit du 18 au 19 juin 1944. Il est décoré à titre posthume de la Médaille militaire, cité à l’ordre du Corps d’armée avec attribution de la Croix de guerre 1939/1945 avec étoile de Vermeil et promu chevalier de la Légion d’honneur.


'Josselin. Résistance: l’hommage émouvant au gendarme Gabellec' a 2 commentaires

  1. 21 septembre 2018 @ 7 h 54 min Jean Grassin

    Vu le contexte,il fallait un sacré courage!

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  2. 21 septembre 2018 @ 8 h 07 min Jean Grassin

    Les premiers résistants ont été les gendarmes mobiles qui,en passe d’être convertis en armée de l’armistice,ont caché une grande partie de leur armement plutôt que de le livrer à l’occupant. Fils d’un adjudant,j’avais 14 ans,je couchais sur un sommier constitué de mousquetons planqués à cet effet !

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