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Publié le 6 mars 2018

Morbihan. Ecoles : les défis de la rentrée scolaire 2018

Françoise Favreau, directrice académique

 

Françoise Favreau, la directrice départementale de l’education nationale est revenue ce mardi matin sur les orientations prises en vue de la prochaine rentrée scolaire en matière de fermetures et d’ouvertures de classes après la réunion du conseil départemental (DCEN). Nous avons publié ces prévisions (cliquez-ci) qui constituent une base de travail. Françoise Favreau a en effet rappelé que tout serait réexaminé en septembre pour tenir compte de la situation réelle des effectifs à la rentrée. Ce tableau est donc construit à partir des projections qui prévoient, selon le ministère, 492 élèves en moins dans le premier degré. Une perspective légèrement corrigée par Françoise Favreau qui table plutôt sur une baisse de 373 élèves, soit un différentiel de 120 enfants. Pour parvenir à ce chiffre, la directrice départementale anticipe l’impact que pourrait avoir le retour massif de la semaine à 4 jours décidé par de nombreuses communes. Une décision qui va dans le sens des souhaits exprimés par les parents.

Une équation complexe. « Mais, prévient Françoise Favreau, même si nous perdons un peu moins d’élèves que prévu, cela représente tout de même une quinzaine de classes alors que nous ne perdons que 4 postes (sur 2035 emplois d’enseignants dans le Morbihan) ». Et elle considère que cela créé les conditions suffisantes pour que l’Education nationale puisse remplir ses missions dans les meilleurs conditions. Et cela tient, selon elle, à un ratio : le pourcentage d’enseignants pour 100 élèves. Il sera cette année de 5,48 au lieu de 5,42 l’an dernier. La nuance est subtile, et elle sera diversement appréciée selon que l’on se trouve dans un secteur touchés par des ouvertures ou des fermetures, mais ce ratio montre une légère progression.

Françoise Favreau est catégorique: le travail de l’inspection académique veille à « accompagner » la démographie des écoles et à faire en sorte que tout le monde fasse l’objet d’un traitement équitable. Il s’appuie sur une préoccupation constante qui est de donner les meilleures conditions de travail possibles aux élèves. Cela donne une équation aux multiples paramètres: des fermetures de classes en zone rurale mais pas d’écoles et des fermetures qui touchent aussi bien les secteurs urbains que ruraux. A cela s’ajoutent des contraintes liées à la mise en oeuvre de stratégies nationales telles que la généralisation du dédoublement des CP en REP (réseaux d’éducation prioritaire) sans surcharger les autres classes qui « coûte » trois postes supplémentaires par exemple. La prise en compte des besoins des secteurs prioritaires avec une limite maximale de 25 élèves par classe mais aussi des élèves aux besoins spécifiques avec notamment l’ouverture de 4 ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) à Meucon, Pontivy (Paul Langevin), Saint-Ave (Anita Conti), Vannes (quartier de Rohan).

Scolarisation des – de 3 ans. Un des sujets phares et récurrents de l’Education nationale dans le Morbihan, c’est la scolarisation des élèves de moins de trois ans. Dans le Morbihan, 20% de cette classe d’âge est scolarisé, pourcentage qui monte à 40 % en incluant le privé contre 17% au niveau national. Cela concernera 1556 élèves cette année. « C’est un sujet qui donne lieu à des arbitrages délicats », reconnait Françoise Favreau qui évoque le travail fait en liaison avec les élus locaux afin d’établir des priorités.

Fusion des écoles. Un autre sujet qui donne lieu à débats, c’est la fusion des écoles dont 7 sont prévues pour la rentrée prochaine : Sene (Dolto), Lorient (Le Manio), Gestel, Guer (Schoelcher), Vannes (Brizeux, Jean Moulin et Joliot Curie), Lanester (maternelles Picasso et Prévert). Le mot de fusion suscite pas mal d’inquiétude. C’est en raison d’une mauvaise compréhension de ce dont il s’agit, estime Françoise Favreau. « Les locaux ne changent pas. Il y a toujours une maternelle avec sa cour  et de l’autre côté du grillage une école élémentaire avec sa cour. Chacune conserve sa restauration ses toilettes… Non ce qui change c’est l’organisation adminsitrative. Il n’y a plus qu’un directeur, un conseil des maîtres, un projet pédagogique et cela permet une meilleure efficacité, une dynamique pédagogique plus forte. Le directeur bénéficie d’une décharge plus importante qui lui permet de mieux se consacrer à toutes les tâches notamment relationnelles inhérentes à ce poste… », détaille Françoise Favreau pour qui cette évolution est amenée à se développer dans l’avenir.

Une école en création à Hoedic. C’est un évènement. Une école va être créée sur l’ile d’Hoedic avec 5 élèves mais aussi avec un rôle particulier lié à la spécificité de la vie insulaire. En effet jusqu’alors, les collégiens d’Hoedic scolarisés au collège du Ponant sur l’ile d’Houat doivent rester chez eux lorsque le bateau ne peut pas effectuer la liaison. « Nous avons proposé que l’école soit le lieu d’accueil de ces collègiens quand il n’y a pas de liaison ce qui leur permettra de bénéficier d’un contexte plus propice pour suivre leur programme », explique la directrice précisant que le profil du poste de l’enseignant en charge de cette école sera être adapté à cette double contrainte.

Une école menacée à Hennebont. De la décision du conseil municipal d’Hennebont dépendra la fermeture ou le maintien de l’école Angela Duvalqui enregistre une forte baisse de ses prévisions d’effectifs qui devraient chuter de 35 à entre 25 et 27/29 en comptant des élèves de 2 ans. Un projet tournant autour de l’équitation pourrait permettre de relancer l’attractivité de l’école Paul Eluard.

Situation stable dans le second degré

Pas de grands bouleversements à attendre pour cette rentrée 2018 dans le secondaire en terme d’effectifs. Ces derniers seront quasi stables par rapport à l’an dernier. Là encore des ajustements seront effectués en juin. Le sujet d’actualité c’est la mise en oeuvre de la politique ministérielle mais aucun changement n’interviendra cette année pour les secondes. Un effort particulier va être fait sur le plan pédagogique en direction des langues et des maths. Sur le plan linguistique le Morbihan est plutôt en avance avec deux exemples symboliques : la mise en place d’une section internationale au lycée Lesage qui débouche sur un bac Franco-Américain et une section Abibac (bac franco-allemand) à Lanester. Les directives préconisent le retour des langues anciennes (latin, grec…) et le développement d’un enseignement langues et cultures européennes. Ainsi au niveau de la 5è, certains professeurs donneront tout ou partie, de leurs cours en anglais afin de faire entrer la pratique de l’anglais dans un usage courant et notamment rompre avec le réflexe Français de ne pas parler anglais de peur d’être ridicule. « Les professeurs vont donner l’exemple, car c’est en parlant qu’on apprend et que l’on corrige ses défauts. L’important c’est d’oser », explique Françoise Favreau. Les enseignants de la plupart des collèges -dont Malestroit, Josselin, Ploërmel, Questembert Guer- vont s’inscrire dans cette démarche.

 

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