Publié le 22 septembre 2026
Questembert. Jardinier-paysagistes : un métier de plus en plus féminin constate la MFR
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Il y a quatre ans, Estelle Leroyer était la seule femme de sa promotion à la MFR de Questembert. Ce mardi matin, elle est revenue raconter son parcours devant les nouveaux stagiaires en reconversion professionnelle. Et le paysage a bien changé : la promotion 2026 compte dix femmes et dix hommes. Une évolution spectaculaire dans un secteur qui cherche à féminiser ses effectifs.

« J’ai trouvé ma voie. » Quatre ans après avoir complètement changé de vie professionnelle, Estelle Leroyer ne regrette rien. Et ce mardi matin, son témoignage avait une résonance particulière dans les locaux de la Maison familiale et rurale (MFR) de Questembert.
En 2022, lorsqu’elle y avait commencé sa formation pour devenir jardinière paysagiste, elle était la seule femme de sa promotion. Quatre ans plus tard, elle se retrouve face aux vingt nouveaux stagiaires. Cette fois, il y a dix hommes et dix femmes…
« Les choses ont beaucoup évolué et cette année, on assiste à une véritable explosion des candidatures féminines. On atteint même la parité », constate Morgan Bideau, responsable du pôle paysage à la MFR.
De la grande distribution aux espaces verts

Pour Estelle, pourtant, rien ne la prédestinait forcément à ce changement. « Pour moi, c’est une reconversion totale puisque je travaillais auparavant dans la grande distribution à Nantes », raconte-t-elle.
Et c’est presque par hasard qu’elle a découvert le métier qui allait devenir le sien. Un paysagiste intervient alors à son domicile. Ils discutent. L’homme lui parle avec passion de son travail, mais aussi des difficultés rencontrées par les entreprises pour recruter et de la formation proposée par la MFR de Questembert, un établissement qu’il connait bien pour en être un des intervenants. « Ça a été le déclic… »
Estelle décide alors de changer complètement de voie et rejoint la formation.
Huit mois pour apprendre un nouveau métier
Comme Estelle en 2022, les vingt stagiaires accueillis cette année sont des demandeurs d’emploi engagés dans une reconversion professionnelle.
Pendant huit mois, ils vont suivre à la MFR une formation financée par la Région Bretagne, avec pour objectif l’obtention du brevet professionnel de jardinier paysagiste.
Chaque rentrée est aussi l’occasion pour Morgan Bideau de faire intervenir des professionnels et d’anciens stagiaires afin de confronter rapidement les nouveaux venus à la réalité du métier.
Cette année, le témoignage d’Estelle avait donc une fonction particulière. « Son exemple permet de démontrer que c’est possible de faire ce métier quand on est une femme. Les débouchés sont là car les entreprises cherchent à féminiser leurs effectifs », explique Morgan Bideau.
« Tout le monde a été extrêmement bienveillant avec moi »
Après ses huit mois de formation, Estelle n’a d’ailleurs pas eu de difficulté à trouver un emploi. Elle travaille aujourd’hui dans une entreprise de Saint-Jacut-les-Pins, où elle occupe un poste de co-responsable des espaces verts.
Et à celles qui hésiteraient encore à franchir le pas en imaginant le métier trop physique, elle répond par sa propre expérience. L’évolution des matériels facilite aujourd’hui certaines tâches et elle assure ne pas rencontrer de difficulté particulière pour exercer son métier.
Elle balaie également une autre appréhension possible. Être la seule femme au milieu d’une promotion masculine n’a donné lieu, dit-elle, à aucun problème d’intégration ou comportement sexiste. « Tout le monde a été extrêmement bienveillant avec moi », se souvient-elle.
Un message qu’elle est donc venue transmettre quatre ans plus tard à une promotion où elle ne serait désormais plus du tout isolée.
« On veut tendre vers cette féminisation »
Pour la MFR, voir cette nouvelle promotion atteindre la parité constitue une vraie satisfaction. « On veut tendre vers cette féminisation de nos métiers. C’est un choix qui correspond à nos valeurs », souligne Morgan Bideau.
Une évolution qui intervient d’ailleurs lors d’une rentrée particulière pour l’établissement puisque pour la première fois, une femme en a pris la direction.
Le phénomène observé dans la formation paysage accompagne également une évolution recherchée par les entreprises du secteur, encore largement masculin, qui souhaitent diversifier leurs recrutements.
Handicap, création d’entreprise : plusieurs portes d’entrée
La féminisation n’était cependant pas le seul message que la MFR voulait faire passer ce mardi. L’établissement souhaitait plus largement montrer que les métiers du paysage se diversifient et offrent différentes possibilités d’insertion ou d’évolution professionnelle.
Deux structures partenaires intervenaient ainsi sur l’emploi des personnes en situation de handicap et les possibilités offertes par les métiers du paysage.
Une autre voie était présentée : celle de la création ou de la reprise d’entreprise. Stéphane et Fabrice, aujourd’hui installés à Questembert, étaient invités à raconter leur propre cheminement, depuis la formation jusqu’à la création de leur activité.
Autant de parcours destinés à montrer aux nouveaux stagiaires que le brevet professionnel qu’ils préparent peut ouvrir plusieurs portes : emploi salarié, responsabilités dans une équipe ou encore entrepreneuriat.
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