Néant-sur-Yvel. Il y a 126 ans s’éteignait l’inventeur du pansement ouaté

Le docteur et chirurgien Alphonse Guérin a marqué la France et sa région natale. Ploërmel n’a pas oublié le grand médecin qu’il a été et l’appellation qu’on lui avait attribué : “ Le père de la méthode aseptique. “ Décédé il y a 126 ans, le 21 février 1895, Alphonse Guérin reste une grande figure de l’histoire du pays et de notre région…

Alphonse Guérin voit le jour, rue de l’Union à Ploërmel, le 9 août 1816. Son père Pierre-Marie Guérin est huissier de justice au tribunal, et exerce sa fonction non loin du domicile familial. Alphonse a un frère aîné Frédéric (qui fera des études de droit et deviendra président à la Cour de cassation). Le père de famille meurt en 1822, alors qu’Alphonse n’a que 6 ans. En 1830, sa mère Thérèse originaire de Néant-sur-Yvel, qui élève et éduque seule ses 2 fils, décide avec regrets de quitter Ploërmel et de s’installer à Vannes, pour permettre à ses enfants de faire des études. Alphonse a 14 ans. Sa réussite scolaire est remarquable. Régulièrement Alphonse revient, pendant les vacances scolaires, à Ploërmel et au château du Fresne à Néant-sur-Yvel, chez la baronne de Pommereul, une amie de sa mère. Il tombe sous le charme de Anaïs, la fille de la baronne, mais la jeune fille est promise en mariage au baron Hippolyte de Montcuit. Alphonse est invité à l’oublier !

Après l’obtention de son baccalauréat, le jeune Alphonse Guérin aimerait devenir soldat ou marin. Il entre à l’école navale de Lorient. Cependant, sous les conseils familiaux, il accepte de faire des études de médecine à l’hôpital de Bourbon, en Saône-et-Loire. Il rejoint ensuite la faculté de médecine à Paris. En 1840, il est interne des hôpitaux à 24 ans. En 1847, il est diplômé médecin à l’âge de 31 ans et rédige sa thèse sur la fièvre purulente. Trois ans plus tard, il est chirurgien du Bureau Central des Hôpitaux de Paris et exerce à Cochin, à Saint-Louis et à l’Hôtel Dieu… En parallèle Anaïs, son amie de jeunesse, qui avait épousé le baron, et dont Alphonse est encore amoureux, est maintenant veuve! Comme sa santé est fragile, elle fait appel à Alphonse devenu médecin, qui accourt à son chevet. Les retrouvailles sont chaleureuses.

Alphonse Guérin à 38 ans en 1854, quand il épouse Anaïs. Le couple partage alors sa vie entre Paris, Ploërmel et Néant-sur-Yvel. Alphonse Guérin, très attaché à sa région natale, s’investit beaucoup dans la vie locale. Il est élu conseiller général du canton de Mauron. Il participe financièrement au projet de la ligne de chemin de fer Ploërmel-La Brohinière et à l’école de médecine de Rennes.

Pendant la guerre de 1870, le médecin-chirurgien est confronté aux plaies purulentes et infectées des blessés. Il invente le pansement ouaté, pour éviter que les germes n’atteignent la plaie et aussi pour réduire la douleur. L’usage de 2 à 3 pansements ouatés permettent alors à une jambe amputée de guérir sans douleur et sans fièvre. Le docteur Guérin découvre les microbes et indique la voie de la science bactériologique. C’est à ce moment-là qu’il va prendre le nom de “ Père de la méthode aseptique “. Il publie 2 ouvrages “ Les Leçons cliniques “, en lien avec les recherches du scientifique Louis Pasteur. Plus tard, il se spécialise en urologie et en 1878, il étudie l’appareil génital de la femme. En 1884, il est nommé Président de l’Académie de Médecine et fait commandeur de la légion d’honneur.

En janvier 1890, son épouse Anaïs meurt. Alphonse Guérin respecte ses volontés et Anaïs est inhumée, comme elle l’avait souhaité, à Néant-sur-Yvel en pleine forêt de Brocéliande.

Cinq ans plus tard, début 1895, alors qu’il travaille sur les transfusions sanguines, Alphonse Guérin 79 ans est victime d’une mauvaise grippe, qui ne guérit pas et qui se transforme en pneumonie. Après de longues souffrances et une trop forte prise de morphine, il est terrassé et s’éteint le 21 février à Paris. Une messe a lieu à l’église du 16e arrondissement, puis sa dépouille est conduite en forêt de Brocéliande pour rejoindre le tombeau, et reposer auprès de son épouse. Le couple Anaïs-Alphonse Guérin est resté sans enfants. Par contre Anaïs était mère de 2 fils, issus de son premier mariage avec Hippolyte Montcuit.

Un monument, en l’honneur du docteur Guérin, est érigé place d’Armes à Ploërmel, l’année suivante en 1896. Il sera hélas détruit, par l’occupant pendant la seconde guerre mondiale.

De nos jours, le buste de bronze d’Alphonse Guérin, sculpté par le Breton Georges Barreau, trône dans le hall d’accueil de l’hôpital de Ploërmel, baptisé “ Centre hospitalier Alphonse Guérin “

Une rue porte également son nom…

 à savoir

Pour se rendre au mausolée où reposent Anaïs et Alphonse Guérin : 2 itinéraires sont possibles, mais le tombeau est indiqué nulle part :

-En venant de Ploërmel – Prenez la direction de Tréhorenteuc – Traversez le bourg, puis tournez à droite après la mairie – Parcourez environ 1 km dans les landes – A la première intersection, (ne continuez pas en direction de Mauron) tournez à gauche  et suivez l’indication “Tumulus du jardin des moines” –  Tournez à droite, dès que vous serez à hauteur du premier chemin autorisé d’accès – Vous apercevrez le tombeau au fond du sentier.

-En venant du bourg de Néant-sur-Yvel, prenez la sortie du bourg direction Paimpont – Continuer sur la droite, direction tumulus du jardin des moines (quand vous serez  au croisement avec la direction pour Boshat sur la gauche) – parcourez 500 m environ et le chemin menant au tombeau sera sur votre gauche.

Sur le tombeau, les noms sont encore visibles, mais aucune date n’est mentionnée, car Anaïs Guérin ne souhaitait pas que l’on connaisse son âge, même après sa mort…

 


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