Ploërmel. Agriculture : le blé noir, un espoir pour les abeilles bretonnes?

 

On connait le drame de l’apiculture bretonne qui enregistre cette année une mortalité record des essaims. Les apiculteurs ont d’ailleurs manifesté récemment leur colère. Pour tenter de sauver leurs ruchers et leur profession, les apiculteurs se tournent depuis quelques semaines vers une solution étonnante. De nombreuses demandes affluent de leur part vers les producteurs de Blé noir de Bretagne pour implanter leurs ruches à proximité de leurs parcelles. Le Blé noir est en effet une plante qui ne nécessite aucun traitement, ni herbicide, ni produits phytosanitaires. Plante pionnière, c’est à dire capable de se développer dans des sols pauvres avant toutes les autres, le blé noir, c’est une sorte de baroudeur du monde végétal…

Le rapprochement des ruchers et des parcelles de blé noir pourraient avoir aussi une autre conséquence positive: l’amélioration de la polynisation du blé noir, et donc de meilleurs rendements. Une sorte d’échange gagnant/gagnant. Les professionnels de la filière blé noir de Bretagne qui étaient réunis en assemblée générale, dans les locaux de la chambre d’agriculture de Ploërmel, restent prudents sur ce processus. Mais une chose est sure, les sollicitations se multiplient de la part des apiculteurs bretons. Présidée par Franck Adenys, l’association fédère aujourd’hui 400 producteurs de ce blé noir répartis sur les 5 départements de la Bretagne historique. Ils bénéficient depuis 2010, d’une appellation « IGP » Blé noir, tradition Bretagne et produisent une farine de très grande qualité. L’IGP (Indication d’origine protégé) est un label qui garantit au consommateur que la farine de blé noir est produite en Bretagne et respecte un cahier des charges très strict. L’association a son siège dans les locaux de la chambre d’agriculture de Ploërmel, choisie pour sa situation centrale par rapport à la région.

C’est une production qui se développe puisque de 400 hectares dans les années 80, la surface emblavée atteint désormais plus de 3000 hectares. La filière s’est structurée avec la création de l’association il y a une trentaine d’années. Les producteurs bretons veulent défendre et valoriser leur produit. C’est ainsi qu’ils ont décidé de renforcer fortement leur communication et les spectateurs du Trophée Centre Bretagne Morbihan ont pu voir les coureurs Irlandais courir sous les couleurs du blé noir de Bretagne. Toute une série d’actions promotionnelles sont également prévus dans les prochaines semaine avec par exemple la pose de panneaux sur les bus.

La consommation de farine blé noir est en plein essor, sans doute pour ses qualités nutritives proches de celle du blé « classique ». Mais contrairement à son nom, le blé noir n’est pas une céréale. C’est une plante de la même famille que la rhubarbe ou l’oseille qui ne contient donc pas de gluten, par exemple.

Mais les applications culinaires restent encore assez limitées à la délicieuse galette que l’on déguste dans les crêperies. Cependant, désormais, de grands chefs rivalisent de créativité pour enrichir la palette des recettes : crumble au blé noir, makis au blé noir (truite fumée, betterave et sésame), chips au blé noir… La farine de blé noir a même séduit le chef étoilé Pierre Gagnaire.

Pour autant, si les français consomment aujourd’hui 12 000 tonnes de farine de blé noir par an, la farine de Bretagne IGP ne représente que 20 % du marché français en raison d’une forte concurrence des importations venus de Chine ou des Pays de l’Est. Mais les amateurs vous le diront, le goût n’a rien à voir…


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