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Publié le 17 février 2015

Caro. L’émouvante histoire de Théophile, « Mort pour la France »

Le nom de Théophile Réminiac figure bien au pied du monument aux morts de Caro, à l'année 1917
Le nom de Théophile Réminiac figure bien au pied du monument aux morts de Caro, à l’année 1917

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Son nom figure bien sur le monument aux morts de Caro à l’année 1917 et il a été cité lors de la cérémonie commémorant les 100 ans de la « Grande Guerre ». Et pourtant, Théophile Réminiac n’avait jamais officiellement reconnu comme « mort pour la France ». Il a fallu qu’une de ses arrières-petites-nièces découvre cette incohérence pour qu’elle soit enfin corrigée. Désormais, Caro compte bien dans son histoire officiellement un Poilu mort pour la France en 1917. Récit de cette étonnante histoire…

Stéphanie Trouillard est journaliste à France 24, mais elle aussi passionnée d’histoire et elle effectue depuis plusieurs mois des recherches sur le Morbihan d’où est originaire une partie de sa famille. Elle s’était intéressée il y a quelques mois à l’histoire d’un de ses grands-oncle originaire de Bohal, André Gondet, héros de la Résistance tué à Pluemelec le 12 juillet 1944 et avait lancé un appel à témoins.

Depuis, elle poursuit ses investigations et s’est lancé sur la piste des membres de sa famille qui ont fait partie des « Poilus » de 14-18. « Il y a quelques mois, j’ai commencé à étudier la ville de Caro, là où est née ma grand-mère maternelle. Sur le monument aux morts, j’ai découvert le nom de Théophile Réminiac, l’oncle de ma grand-mère et le frère de mon arrière grand-mère Eléonore Reminiac épouse Jutel. J’ai voulu savoir de quelle façon, il était mort durant la Première Guerre mondiale », nous explique Stéphanie Trouillard. Pour ça, elle s’est rendue sur le site « Mémoire des hommes » qui regroupe tous les morts pour la France. « Mais à ma grande surprise, il n’y avait aucune fiche sur lui », ajoute Stéphanie Trouillard qui détricote donc l’écheveau. Elle se rend aux archives de Vannes où, en consultant le registre matricule de Théophile Réminiac, elle découvre que, né le 8 novembre 1896 à Saint-Nicolas du Tertre, il est mort le 23 octobre 1917 à Caro, deux mois après avoir été réformé pour tuberculose pulmonaire alors qu’il faisait partie du 262e régiment d’infanterie.

« Comme il était décédé dans son village, il n’avait pas le statut de Mort pour la France. Malgré tout lorsque le monument aux morts de Caro a été construit au début des années 20 et inauguré le 27 mai 1923, les autorités de la commune ont quand même tenu à ce que le nom de Théophile y figure », relate-t-elle. D’ailleurs le curé de l’époque avait également inscrit le nom de Théophile parmi les soldats de Caro morts à la guerre dans le  livre de la paroisse de Caro, retrouvé aux archives du presbytère à Malestroit.

Mais comment faire reconnaître officiellement le statut de Mort pour la France? « J’ai appris qu’il était possible même 100 ans après de demander une reconnaissance du statut de mort pour la France en déposant un dossier auprès de l’Office national des Anciens combattants », indique Stéphanie Trouillard. Une démarche interminable et très aléatoire, pense-t-elle. Et bien pas du tout. Elle transmet le dossier complet le 11 janvier à l’ONAC (office national des anciens combattants) du Morbihan qui l’a transmis au département reconnaissance et réparation à Caen. « En seulement un mois j’ai eu une réponse favorable. L’état civil de Théophile va désormais porter la mention de Mort pour la France à la mairie de Caro. Un geste symbolique, mais il le méritait comme tous les autres », conclut Stéphanie Trouillard.

 

 VIDEO. Le 11 novembre 2014, l’hommage à Théophile


 

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