COVID 19. Monteneuf: la détresse du monde de l’éducation à l’environnement

De nombreux acteurs du monde de l’éducation à l’environnement (*) se sont rassemblés ce jeudi matin autour de l’association des Landes de Monteneuf et de son président, Marc Bouché pour manifester leur inquiétude face aux conséquences de la crise sanitaire. C’est même un véritable  “coup de gueule”, qu’ils ont poussé en exprimant leurs revendications. “Nous lançons un appel pour relancer les séjours découvertes, les classes natures, qui ont été mis à mal par la crise sanitaire.” La prise de conscience est publique et économique. Tous ces intervenants tracent le bilan en cette fin d’année et sont unanimes pour dire, que 2020 a été quasiment une année blanche, que le constat est alarmant. Les mesures prise par l’Etat ne les ont aidé que très partiellement à passer le cap, en maintenant une activité partielle, néanmoins restée très insuffisante.
La prise de conscience est collective. “Il faut soutenir durablement la pratique éducative du dehors !”, lancent-ils. Les inquiétudes et incertitudes restent grandes, quant à une éventuelle et surtout réelle reprise des activités au printemps 2021 : “Il est difficile d’anticiper, de se projeter dans l’année prochaine !”

Un chiffre d’affaire en baisse de 50 à 80%

Les études montrent pourtant, que les bienfaits de la nature, de l’environnement, du dehors sont essentiels, pour les citoyens en général, et plus encore pour les enfants : pour leur épanouissement, pour leur santé. L’éducation à l’environnement est indispensable pour la jeunesse. “Actuellement, les enfants collectionnent les contraintes : le rituel des mesures sanitaires dues à la présence du virus : lavage des mains, distanciation, port du masque, absence de contacts. Ils sont également privés de leur sport préféré en dehors de l’école…Tout cela est d’une grande violence psychologique pour eux, qui sont en pleine construction !”. Les enfants ont besoin d’espace et d’ouverture au monde extérieur, de sociabilisation, d’aisance corporelle, pour se développer harmonieusement. “Pourtant, autour d’eux, il y a des actions possibles en extérieur, là où la distanciation et les gestes barrières sont plus faciles à respecter. Et puis, la classe découverte est un moment qui développe la cohésion de classe, l’esprit critique, la gestion du stress. C’est une façon différente d’apprendre, complémentaire du parcours classique. Elle développe l’imagination avec un sentiment de liberté. Et puis profiter de la nature renforce les défenses immunitaires !”, font-ils valoir.

Les parlementaires alertés

L’éducation à l’environnement et au développement durable est un enjeu économique pour le territoire. Dans notre région, les activités des associations d’éducation, des professionnels touristiques, des centres de loisirs, nautiques, d’insertion et de formation par l’environnement s’illustrent par plus de 500 000 journées, soit 3 millions de personnes reçues sur un équipement pédagogique. Alors que le chiffre d’affaires global est de plusieurs millions d’euros habituellement, sa baisse pour 2020 est estimée entre 50 à 80%.

Les parlementaires ont été interpellés par tous ces acteurs éducatifs à l’environnement, qui les remercient d’avoir relayé leurs demandes aux ministres… “Les enjeux doivent être prioritaires. Les actions sont d’utilité publique. Soutenus localement, nos besoins sont importants et l’aide doit venir de plus haut ! L’absence d’activité ne veut pas dire absence de charges. La détresse est humaine autour du chômage partiel, de la perte de compétences, des licenciements…”
Les courriers ont été adressés à : Michel Canevet et Philippe Paul sénateurs du Finistère ; Marc le Fur député des Côtes d’Armor ; Paul Molac député du Morbihan ; Richard Ferrant député du Finistère ; Joël l’Abbé sénateur du Morbihan ; Hervé Berville député des Côtes d’Armor et Thierry Burlot vice-président de la région Bretagne, en charge à l’environnement et au climat.
Suzanne Kuang a gardé le mot de la fin. Elle a souhaité interpeller l’assemblée avant son départ, sur l’urgence climatique, sur l’extinction de la biodiversité avec un chiffre alarmant : 50 espèces animales ont disparu au cours des 40 dernières années : “Cette perte de biodiversité nous impacte tous ! Il y a urgence à l’éducation à l’environnement et à la nature. Les moyens nous manquent cruellement….”

(*) Dominique Caillot du Réseau d’Education à l’Environnement en Bretagne (REEB) ; René Moullec de l’Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air (UNAT) ; Suzanne Kuang de l’Union Régionale du Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement (URCPIE) ; Catherine Latour du Mouvement Associatif de Bretagne (MAB) et Michel Ruaud de l’Union Bretonne pour l’Animation des pays Ruraux (UBAPAR).

Ils ont dit :

Le REEB co-organisateur de la réunion : Dominique Caillot : “La quasi totalité des activités dans les centres bretons ont été annulées entre les 2 confinements. Nous sommes dans l’incertitude totale pour le devenir, notamment pour les professionnels. La mise en valeur de l’environnement concerne tout public : adultes et enfants !”
-Association des Landes : Marc Bouché : “Notre centre à Monteneuf dispose d’un accueil de 70 lits avec l’avantage de bénéficier de la proximité du site de découvertes de mégalithes. Hélas, nous n’avons eu que 3 semaines d’activité depuis fin mars, au lieu d’une activité continue. Cet outil pédagogique est pourtant nécessaire pour les enfants. Nous jouons un rôle fédérateur de représentation auprès de l’environnement.”
URCPIE (Union régionale des CPIE) : représenté par Suzanne Kuang du CPIE de Brocéliande : “Le CPIE est un réseau national qui dispose de 4 centres en Bretagne avec 2 secteurs d’activités : l’éducation à l’environnement et l’accompagnement des collectivités avec leurs spécificités. Je suis coordinatrice avec le centre d’accueil de 36 lits. Ploërmel communauté nous accorde chaque année une aide de 4000 euros. Cette année nous aurions besoin d’une aide exceptionnelle !”
-MAB : Catherine Latour, le porte-voix de la vie associative : “Toute la culture bretonne, toute la vie associative, qu’elle soit sportive, culturelle ou liée à l’environnement, pâtissent de cette crise sanitaire, tant sur le plan moral que financier. Les vidéos conférences ne remplaceront jamais les sorties ! L’engagement des centres de vacances va pourtant au-delà du simple salariat. Il y a une vraie volonté de partage…”
– UBAPAR : Michel Ruaud : “Après 40 années de présence, ce sont une cinquantaine de structures qui sont en difficulté aujourd’hui. L’ enjeu est territorial : Nos partenaires subissent les conséquences économiques égalements, particulièrement lorsqu’ils sont situés en milieu rural : les établissements scolaires, les centres équestres, les campings, les centres nautiques, les producteurs locaux, les épiceries, etc…
-UNAT : René Moulec : “Le regroupement associatif et coopératif est composé d’une centaine de centres d’accueil : villages de vacances, auberges de jeunesse… (pour les individuels, les groupes, les familles). Les 3 millions de personnes sont accueillies, pour une simple visite, à la journée, à la nuitée, ou prises en charge dans les écoles. Ce sont 50 centres, pour 880 écoles, 1 600 classes et 75 000 enfants (2000 enfants par centre.) Les centres emploient 460 postes à temps plein. En 2020, les centres ont tenté de rebondir, mais il y a eu de nombreuses annulations et 8 centres en Bretagne ont fermé. Les aides de solidarité de l’Etat sont justes “des rustines”. L’investissement doit être conséquent.”


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