COVID 19. Sérent: pour survivre, la coiffeuse se met “à poil”

“Ca faisait un moment que l’envie de le faire me trottait dans la tête. Quand j’ai vu le mouvement se développer sur Facebook, ça a été le déclic…”, explique Sandrine Chamaillard. La coiffeuse qui exploite le salon “Cléo couleurs” de Sérent a rejoint depuis quelques jours le mouvement “#moncoiffeuràpoil”. Lancé par un coiffeur pour exprimer son inquiétude face à la crise sanitaire d’une façon décalée, ce mouvement a pris une ampleur considérable et aujourd’hui ce sont des dizaines de coiffeurs (ses) qui ont publié un cliché dénudé(e)s pris dans leur salon désert sur cette page. “C’est une façon de faire passer un message grave mais sans catastrophisme, d’attirer l’attention sur la situation d’une profession qui souffre, de rappeler qu’on existe. A lui seul, le jeu de mots est éloquent…”, explique Sandrine Chamaillard. Encore fallait-il trouver la complice capable de réaliser la prise de vue. “J’ai parlé de mon projet autour de moi et une amie m’a proposée de m’aider à le réaliser. Samedi, on a aménagé le salon pour pouvoir construire la photo, sans être vues…”, indique la coiffeuse sérentaise qui a depuis diffusé la photo sur les réseaux sociaux.

“Ici la solidarité à vraiment du sens”

Mais derrière ce clin d’oeil, se cache une sourde angoisse. Celle de l’avenir. Solidaire, Sandrine Chamaillard reconnait que sa situation est sans doute moins tragique que celle de ses confrères implantés en ville. “Moi je suis installée dans une zone rurale et je m’aperçois que la solidarité ici a vraiment du sens. Il y a déjà deux personnes qui m’ont proposé de payer à l’avance une future prestation pour m’aider. Les gens nous achètent du matériel et des produits capillaires également pour nous venir en aide en click and collect. On sent que tout le monde est prêt à se mobiliser pour qu’on travaille dès que le déconfinement interviendra”, explique Sandrine Chamaillard. Même si elle veut être résolument optimiste, elle confirme que la situation est critique. “Bien sur, on a des aides, mais il faut savoir que nous sommes obligés d’avancer les salaires avant d’avoir le remboursement. Nous sommes des petites entreprises et c’est difficile à tenir dans le temps, d’autant qu’on a aucune indication sur la date à laquelle on pourra recevoir à nouveau nos clients. Bien sur, je comprends que des mesures sont nécessaires face à la crise sanitaire, mais on peut vraiment se poser des questions sur cette fermeture qui nous frappe”, ajoute la coiffeuse. Elle avoue son incompréhension: “nous sommes obligés d’appliquer des précautions maximales et cela depuis le premier déconfinement et elles sont complètement appliquées. Il n’y a jamais plus de 6 personnes dans mon salon, les clients attendent leur tour dans leur voiture, ils ont l’obligation de se désinfecter les mains avant d’entrer, l’interdiction de toucher à quoi que ce soit, le lecteur de carte bancaire est systématiquement désinfecté après chaque usage. Est-ce qu’on en fait autant dans les grandes surfaces?”.

“Il faut qu’on ouvre en décembre”

Mais elle certaine d’une chose: “il faut absolument qu’on ouvre en décembre. C’est notre plus gros mois de travail…”. Pour l’instant, pas de certitudes sur cette échéance, mais Sandrine Chamaillard se projette déjà dans ce futur qu’elle espère très proche. Elle a ouvert une adresse mail sur laquelle ses clients peuvent faire leur commandes de produits, mais aussi s’inscrire en liste d’attente. “Dès qu’une date officielle d’ouverture sera communiquée, nous recontacterons tout le monde”, promet-elle.

Pratique:

Afin d’anticiper la reprise,  une boîte mail est à disposition afin de s’inscrire sur la liste d’attente ou pour le Click & Collect : rdvcleocouleurs@orange.fr

Salon de coiffure Cléo Couleurs
5 rue de la Fontaine St Pierre,  Sérent


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