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Ploërmel. Statue de Jean-Paul II : la lettre de Paul Anselin

Suite à l’arrêt du Conseil d’Etat du 25 octobre 2017, l’Association de défense de la statue du Pape Saint Jean-Paul II a décidé de réagir. En qualité de secrétaire général de l’Association, Paul Anselin vient d’adresser une lettre à tous les membres et donateurs de l’association. Un document que nous publions intégralement ci-dessous et qui contient plusieurs messages. Même s’il se montre critique avec l’attitude de la mairie de Ploërmel et notamment de son maire Patrick Le Diffon, il apporte son soutien au projet de vente du terrain à une association privée. Il renouvelle d’ailleurs son offre d’achat au nom de l’association de défense. Il indique par ailleurs la volonté de l’association d’organiser une « grande manifestation paisible » en décembre à laquelle participeraient les représentants des grandes religions monithéistes (juives et musulmanes).

Mais surtout, Paul Anselin lance une mise en garde solennelle face aux tentatives de récupération qui émergent notamment sur les réseaux sociaux. « Attention danger! Ne tombez pas dans le panneau », lance-t-il à ses lecteurs dont il sollicite les réactions.

Voici la lettre intégrale adressée par Paul Anselin à ses adhérents:

 

 

 


'Ploërmel. Statue de Jean-Paul II : la lettre de Paul Anselin' a 3 commentaires

  1. 4 novembre 2017 @ 9 h 25 min Fontenelle

    Cette lettre est très instructive à plusieurs égards.
    Tout d’abord on peut comprendre chez les catholiques l’émoi que suscite la brutalité d’une croix qu’on enlève mais ont-ils compris l’émoi des non chrétiens face la brutalité d’une croix qu’on impose sur l’espace public ?
    L’argument des croix qu’on enlèverait suite à cette décision n’est pas valable. On ne va pas détruite les calvaires, les églises, les croix sur les chemins, sur les monuments aux morts, la loi les protègent. Par contre édifier de nos jours une statue avec comme symbole une croix catholique peut créer un précédent. Et le conseil d’État dans sa sagesse républicaine a le devoir de l’en empêcher dans le cadre de la loi de 1905.
    D’autre part, qu’un ancien Maire, qui a porté l’écharpe tricolore républicaine, s’arroge le droit de mettre une croix sur une statue qui à l’origine n’en comportait pas est autrement plus scandaleux. En tant qu’élu il aurait du respecter la loi de 1905 qui fonde la paix sociale et religieuse dans notre pays. Ploërmel à ce que je sache fait partie de la République Française Laïque.
    Ensuite Monsieur Anselin veut nous préserver des manipulations, des récupérations. Or qu’est ce qui provoque tous ces dangers si ce n’est le non respect de la neutralité religieuse imposée par la loi de 1905 ? Elle à été faite pour ne favoriser aucun culte en particulier de manière à préserver cette paix religieuse. Cette loi n’a pas été faite contre les religions mais au contraire pour qu’elles puissent coexister sans culte majoritaire. Certains voudraient semble-t-il revenir au régime des « cultes reconnus » avec un culte dominant. Le vœu d’un rassemblement œcuménique de toutes les religions sous la croix catholique s’inscrit dans cette tradition. Seulement l’histoire a démontré que ce régime n’a pas garantit la paix religieuse et civile. D’où l’inspiration de cette loi de 1905 sur la séparation de l’État et des Églises.
    Afin d’éviter de possibles troubles, la moins pire des solutions semble être le rachat du terrain. Mais pourquoi cette statue n’a-t-elle pas été érigée dès le départ sur un espace privé ? Finalement ce rachat de terrain entérinera l’acceptation d’un état de fait contre la loi. Car cette statue avec sa croix sera toujours visible depuis l’espace public. Et cela on le devra à des élus républicains.

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  2. 11 novembre 2017 @ 12 h 21 min suzie

    Il faut rappeler que :
    1. c’est Mr Paul Anselin, à l’époque maire UMP, qui a décidé de faire installer cette statue sur une place publique, au mépris de la loi de 1905. Pourquoi à cet endroit ? Parce que, selon le journal La Croix, les frères de La Mennais avaient refusé qu’elle soit placée dans le parc de leur établissement religieux à Ploermel. Pourtant, le maire ne pouvait ignorer l’article 28 de la loi de 1905 qui « interdit à l’avenir d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou quelque emplacement public que ce soit ». Seules exceptions : les édifices religieux, les cimetières, les musées ou expositions. C’est la loi et elle est très claire. Non seulement Mr Anselin la connait, mais il a manifestement exprimé son refus de l’appliquer en fixant l’inauguration de la statue le 9 décembre 2006, jour du 101e anniversaire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
    2. Autre infraction à la loi, le financement de cette statue par la commune. C’est le vote, au budget municipal, d’une provision de 100 000 euros pour le socle, l’arche et la statue, qui a fait connaître à l’époque ce projet très personnel du maire et de son ami le sculpteur Zerab Tsereteli. Quels que soient les arrangements conclus entre ce dernier et la commune, celle-ci a bel et bien financé sur les deniers publics, un monument religieux, ce que la loi interdit.
    3. Mr Anselin plaide maintenant pour une loi à géométrie variable (tenir compte des circonstances locales, de la tradition, etc), convoque les Poilus de 1914 et la Résistance en agitant la menace absurde de voir enlever toutes les croix (il devrait relire la loi : elle ne s’applique pas bien entendu aux monuments funéraires). Il aurait agi, dit-il, au nom des « racines chrétiennes » de la Bretagne, supposées faire partie de son ADN culturel, tout en assurant par ailleurs avoir voulu rendre hommage à un pape « qui a contribué à la chute du communisme ». Mais au nom de quoi un maire peut-il imposer à la population, qui n’a jamais été consultée, un monument qui ressort de ses croyances religieuses, politiques et idéologiques personnelles ? Au nom de quoi peut il disposer illégalement de l’espace public et laïc ?
    4. Cette statue est un projet privé, qui aurait du trouver place dès le départ dans un espace privé. Le Conseil d’Etat a donc rendu une décision juste en ordonnant de faire enlever la croix. Il a fait appliquer, ni plus ni moins, la loi. Le tour de passe passe consistant maintenant à privatiser le terrain pour ne pas avoir à enlever la croix, montre que le combat pour faire respecter la laïcité est plus que jamais d’actualité, en Bretagne comme ailleurs.

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  3. 13 novembre 2017 @ 15 h 47 min KerouedanGilles

    Citoyen de Ploërmel, je me suis opposé depuis le début (2006!) à ce qui est une infraction de la Loi de 1905.
    Mr Anselin, ainsi que Mr Le Diffon (son adjoint à ce moment là et maire actuel), savaient pertinemment qu’ils enfreignaient cette loi.
    Malgré les divers rappels (pétitions, manifestations, refus de subvention par la Région Bretagne, illégalité et donc remboursement de celle obtenue par le Conseil Général du Morbihan, décision du Tribunal Administratif de Rennes ordonnant la mise en conformité avec la loi), ils continuent sur la même voie!
    Pour comprendre la récente décision du Conseil d’Etat, les précisons de Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’Etat me semblent pertinentes:
    « nous ne parviendrons pas à construire la paix civique et sociale si, pour des questions de convenance ou d’opportunité, nous acceptions des applications différenciées de la loi »
    voir l’intégralité de ses propos sur le quotidien La Croix:
    https://www.la-croix.com/Journal/Notre-pacte-social-contient-principe-fondamental-laicite-2017-11-09-1100890579

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