Ploërmel. Semaine banalisée : les 6e rencontrent Marc Lizano

C’est une semaine spéciale au collège du Sacré-Coeur : de nombreux profs sont absents pour cause de voyages scolaires. Les élèves qui restent ne sont pas délaissés pour autant : plusieurs activités sont prévues, notamment pour les 6e une rencontre avec le dessinateur Marc Lizano, qui, justement, a de la famille dans établissement.

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La 6e F avec Marc Lizano, Mme Ménager (à gauche), professeur documentaliste, et Mme Soulabail, professeur de SVT.

Après avoir accueilli une exposition consacrée à « L’Enfant cachée », de Loïc Dauvillier et Marc Lizano, le CDI a reçu durant deux jours le dessinateur en personne. 27 élèves de la 6e F l’ont rencontré, lundi matin. Ils avaient lu l’album et préparé des questions. Marc Lizano a alterné moments sérieux et ludiques pour une bonne interactivité avec les jeunes. Une séance ouverte sur l’histoire, avec bien sûr « L’Enfant cachée » mais aussi sur le début du XXe siècle en Bretagne avec l’adaptation du « Cheval d’orgueil », publiée en décembre. Et sur tout un tas de sujets.

Une inspiration basée sur le réel

De quoi s’inspire-t-il pour dessiner ? « C’est la vie des gens qui m’intéresse », déclare le Morbihannais. Les détails qui façonnent les émotions et les souvenirs. Il parle de son enfance, quand il allait chez ses grands-parents, et du lourd édredon qui recouvrait le lit moelleux. « Chercher des coins frais dans un lit. Vous l’avez déjà fait ? C’est fabuleux ! » Pour « La Petite famille », toujours avec son compère Dauvillier, il a recherché les traits de son grand-père. Laissant à son auditoire le soin de deviner comment représenter ce personnage bourru, il esquisse au tableau un visage, un mono-sourcil, une grosse moustache pour caractériser un vieil homme ronchon mais finalement très attachant. Mais le grand-père disparaît au cours de l’histoire… « On peut parler des choses vraies aux enfants. « Les Lapins crétins », ça fait rigoler mais on ne peut voir que ça ! L’idée de « L’Enfant cachée » m’est venue lorsque ma fille de 4 ans et demi m’a demandé ce qu’étaient les chambres à gaz. Elle avait entendu quelque chose à la radio mais était trop jeune pour comprendre la France et l’Allemagne d’il y a 80 ans… Alors on en a parlé avec Loïc et on a décidé de faire un livre pour les enfants sur ce sujet ». Marc Lizano évoque alors la Deuxième Guerre mondiale et le racisme. « Vous allez retravailler sur cela en 3e ». Ce livre a été traduit en plusieurs langues, parmi lesquelles le coréen et l’hébreu. Il a notamment reçu le prix des collégiens à Angoulême (2013).

La question de savoir quand il a commencé à dessiner l’étonne : il ne s’est jamais arrêté, à la différence de beaucoup. Dans la classe, pas mal de garçons ne dessinent déjà plus. Il explique avoir appris tout seul, en recopiant d’abord les dessins des autres. Affable, Marc Lizano plaisante avec les collégiens et leur explique sa méthode. « Quand je mets plus d’une journée à faire un dessin, je commence à me lasser. Pour l’adaptation du « Cheval d’orgueil », j’avais hâte de finir ! Cet album m’a demandé deux ans, plus les recherches pour les costumes, etc. Je travaille à présent sur des livres pour jeune enfant, quelque chose de plus léger ! ». Le dessinateur présente ses planches originales, ainsi que les outils dont il se sert, plume, encre de chine (allemande, en fait). Dessiner, c’est un métier ! « Je me destinais plutôt à être professeur de philosophie, et puis j’ai eu l’occasion de faire un remplacement… Je crois que les enseignants sont plus heureux en primaire qu’au lycée ! Et je suis devenu dessinateur ».

L’assistance a la possibilité de s’essayer à dessiner des émotions. Un rond pour la figure, des yeux, une bouche, des sourcils. Avec ces quelques éléments, on peut faire comprendre beaucoup de choses. « Un kit, avec cela vous pourrez presque tout dessiner ! Ensuite, il suffit d’habiller les personnages, leur donner des signes distinctifs comme la couleur des cheveux, des taches de rousseur, etc. » Testant un rugissement sur un groupe de collégiennes, il s’exclame : « Voilà, vous en avez une autre : l’expression de la surprise ! » Marc Lizano aura ainsi, sur ces deux jours, rencontré toutes les classes de 6e, y compris la Segpa, et aura tenté de leur faire comprendre que l’on peut avoir plaisir à dessiner tout au long de sa vie.

 

Marc Lizano, un enfant du pays

Bertrand Galic et Marc Lizano à la Biennale du livre d'histoire à Pontivy, le 24 avril.
Bertrand Galic et Marc Lizano à la Biennale du livre d’histoire à Pontivy, le 24 avril.

Né à Vannes il y a 45 ans, c’est à Ploërmel que Marc Lizano a passé sa jeunesse. Après le bac obtenu au lycée Brocéliande (Guer), il étudie la philosophie à la fac de Rennes, tout en dessinant pour des fanzines. Arrivé à l’illustration par les livres scolaires des éditions Nathan, il a aujourd’hui une cinquantaine de livres (dont 20 bandes dessinées) à son actif. Le dernier en date : « Le Cheval d’orgueil », d’après Per-Jakez Hélias, avec Bertrand Galic au scénario. Le récit autobiographique du garçon de Pouldreuzic (29) est paru en 1975. L’adaptation BD sera traduite en breton pour la fin de l’année. Marc Lizano sera présent au salon du livre de Vannes, en juin prochain.

 

 

 

 


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